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La Vieille Fille et le Viking : retour aux origines

Voilà déjà douze chapitres que vous avez pu découvrir en ligne. Nous ne sommes plus très loin de la moitié de l’histoire ; et si je vous en disais un peu plus sur sa genèse ?

Neuf ans de gestation

La toute première ébauche de l’idée, j’arrive à la situer précisément : janvier 2011. Je fais mes études à Lyon, et cet hiver-là il y a eu de la neige. Je me revois encore en train de marcher dans la ville sous la neige, avec dans les oreilles The Islander de Nightwish. Et d’imaginer la scène d’une femme du XIXè siècle qui voit un combat viking sur les pelouses de son université, et est forcée d’intervenir. Je joue un peu avec l’idée ensuite, je me mets à chercher des informations sur les Vikings… C’est vers cette époque que je déniche le nom de Faraldr, sur un site Internet recensant des noms en vieux norrois. Ça voudrait dire « qui voyage loin », ce qui m’a bien sûr immédiatement séduite.

Mais la première vraie tentative d’écrire cette histoire a lieu en 2014, lors du Nanowrimo ; 42 000 mots atteints pour cette première version… Une belle tentative, mais un échec, hélas – et un échec pour ma première participation au Nanowrimo, puisque le but, pour ceux qui ne connaissent pas, est d’écrire 50 000 mots durant le mois de novembre. Je l’ai réussi depuis, mais avec d’autres textes ; quant à La Vieille Fille et le Viking, il faudra attendre début 2016 pour que j’ai le courage de reprendre l’idée.

Beaucoup de changements

Et de taille ! Ainsi Mathilde s’appelait d’abord Margaret, elle a failli s’appeler ensuite Marguerite puis Louise. Elle est passée par une phase où elle avait au moins cinquante ans, histoire de vraiment justifier son statut de vieille fille, avant de redevenir plus jeune, puis de trouver son prénom définitif. Il lui va tellement bien que je ne pense même plus à elle comme Margaret, même s’il m’aura fallu du temps.

Armand, lui, a été tour à tour le filleul du père de Mathilde, son filleul à elle quand elle a pris de l’âge, avant de devenir son cousin pour simplifier les choses (mais pas avant le 4° jet !). Joséphine a toujours été fidèle à elle-même : son statut de mécanicienne et son charmant caractère datent de la toute première version.

En revanche, l’intrigue a vraiment beaucoup évolué, en-dehors de la scène initiale où Mathilde plonge dans le passé pour voler au secours de Faraldr. Ainsi, dans les premiers brouillons, je n’avais pas la moindre idée de ce qui avait pu déclencher la faille temporelle ; pire, Faraldr était kidnappé par les indépendantistes islandais qui voulaient l’utiliser pour leurs revendications, et qui tuaient au passage le professeur Martel. Comme vous pouvez l’imaginer, la première vision de Jon Islendigur n’était donc pas exactement positive… Même si celle que vous avez de lui après lecture du chapitre douze n’est pas forcément idéale non plus, au moins ce n’est pas un meurtrier !

Deux ans de travail pour peaufiner le tout

Après une longue période de traversée du désert pour cette pauvre histoire délaissée, c’est en 2018 que je repars du bon pied, avec 75 000 mots abattus en février, lors d’un petit challenger personnel ; le premier jet de l’histoire telle que vous la découvrez à l’heure actuelle est achevée en mars, victoire ! Pour l’instant il ne fait que 106 285 mots, mais ça ne va pas durer ; car durant l’année, après une période de repos, je passe à la réécriture, avec beaucoup de grosses modifications. Dès le deuxième jet, on bondit pour atteindre les 140 647 mots ! Ensuite, ce sera un long combat pour revenir à une taille plus abordable (c’est-à-dire aux alentours de 100 000 mots).

Les plus gros remaniements de l’intrigue ont eu lieu durant ce deuxième jet, mais il y a eu jusqu’à sept versions distinctes dans ce travail de réécriture qui ont toutes vu des restructurations plus ou moins importantes. Ce travail s’est étalé sur tout le début de l’année 2019, jusqu’au mois d’Avril, où je procède aux premiers envois à des maisons d’édition, sans succès.

Fin 2019, j’ai écrit le premier jet de la suite (car oui, ce sera une série, c’est décidé presque depuis le début), et c’est là que j’ai commencé à me poser des questions sur l’après – après refus par l’édition classique. C’est là que je décide de publier La Vieille Fille et le Viking en ligne, et de commencer des recherches sur l’auto-édition pour l’avenir, car ce roman me tient trop à cœur pour rester au fond d’un tiroir.

Et nous voilà ici et maintenant !

La morale de cette histoire

Si vous avez pour but d’écrire un roman, ou que vous êtes simplement curieux du processus, voici plusieurs choses à savoir, que je partage bien volontiers pour vous éviter de les apprendre dans la douleur…

Déjà, qu’écrire un roman, ça prend du temps – plus que vous ne pouvez sans doute l’imaginer lorsque la première idée vous vient. Et je ne parle pas seulement de temps à dégager chaque jour pour écrire, mais plutôt du fait que, comme l’a si bien dit Haruki Murakami, l’écriture, c’est une course de fond. Il faut tenir la distance !

Ensuite, qu’il ne faut jamais sous-estimer les difficultés que vous posera la procrastination, mais qu’il faut savoir les analyser. La procrastination n’est pas de la paresse mais de l’angoisse qui cache bien son jeu – angoisse de ne pas y arriver, de ne pas avoir les connaissances nécessaires, ou pire le talent qu’il faut… Il faut se donner les moyens d’y faire face – en prenant le temps de peaufiner l’intrigue, de faire les recherches nécessaires, de combattre les démons intérieurs qui ne se taisent jamais… Et surtout en prenant conscience que le premier jet n’est qu’un premier pas, qu’il n’a pas besoin d’être parfait. Comme je le disais plus haut, ce que je partage avec vous est issu de la septième version distincte de l’histoire ; et je sais déjà qu’avec tous les retours que j’ai en ligne, j’ai de quoi faire un huitième jet avant d’envisager une publication papier.

Et enfin, savoir se faire confiance malgré les difficultés. La majorité de mes changements radicaux, comme le nom et l’âge de mon héroïne, ont été faits alors que j’avais échoué à finir mon manuscrit lors de mon premier essai. Je traversais une grosse période de doute au sujet de cette histoire (et de doute en général sur mes capacités d’écriture), et il me semblait qu’une refonte complète de l’intrigue et des personnages était nécessaire pour pouvoir arriver à quelque chose.

En fait non, mon idée initiale n’était pas mauvaise ; il a juste fallu que je retrouve l’étincelle, et que je me donne les moyens de la coucher sur le papier. Ne perdez jamais de vue votre inspiration première, elle est si souvent bonne !

J’espère que ce petit voyage aux origines de La Vieille Fille et le Viking vous aura intéressés ; le mois prochain, je pense partager avec vous quelques pépites qui ont été coupées au fil des différentes versions… N’hésitez pas à vous abonner à la newsletter pour ne pas manquer ça !

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1 commentaire

  1. […] et le Viking en est à son septième jet, et comme je vous en ai parlé dans l’article sur ses origines, il y a eu beaucoup de gros changements ; j’ai pu récupérer certaines choses d’une version […]

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