Vieille Fille Littérature
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La vieille fille en littérature : mes six préférées

La vieille fille ne semble pas, à priori, destinée à devenir une héroïne de littérature. Elle a le triple défaut d’être une femme, d’avoir passé l’âge des jeunes premières, et d’avoir un manque criant de relations, notamment amoureuses, alors même que la description des sentiments est le socle du genre romanesque.

Mais il ne faut jamais dire jamais. Les personnages de vieilles filles existent bel et bien dans les livres ; voici mes six préférées, dans des genres très variés.

Miss Marple

Ou la gentille petite dame qui cache bien son jeu

La vieille fille que tout le monde connaît, celle qui coche toutes les cases du cliché et s’en sort merveilleusement bien. Elle ne s’est jamais mariée, elle a l’âge et l’apparence d’une gentille petite grand-mère, elle fait du tricot et connaît tout le monde… Mais ça ne l’empêche pas d’être diablement intelligente, et malicieuse par-dessus le marché. Après tout, s’il y a bien une chose que les vieilles filles peuvent se permettre, c’est une certaine liberté avec les attentes de la société ; plus personne ne peut vraiment les obliger à faire quoi que ce soit !

Retrouvez-la dans : L’Affaire Protheroe, A. Christie, trad. R. Coudert (Babelio)

Marilla Cuthbert

Ou l’acariâtre au coeur d’or

La « mère » adoptive d’Anne Shirley est un personnage plus que secondaire. Elle n’a pas eu une vie facile, et s’inscrit presque systématiquement en opposition par rapport aux envolées d’imagination lyrique de sa pupille… Mais ça ne l’empêche pas de révéler à qui sait le voir un caractère bien trempé et un solide sens de l’humour. Son interprétation par Geraldine James dans la récente série Anne with an E est à ce titre particulièrement réussie, et si la série s’écarte trop des livres à mon goût, le personnage de Marilla reste un régal.

Retrouvez-la dans : Anne… la maison aux pignons verts, L. M. Montgomery, trad. S. Pairault (Babelio)

Mémé Ciredutemps

Ou la vieille sorcière

De la vieille fille à la sorcière il n’y a parfois qu’un pas dans l’imaginaire… Allégrement franchi dans les différents volumes que Terry Pratchett consacre aux aventures de ses sorcières du Disque-Monde. Mémé Ciredutemps, la plus redoutable d’entre elles, ne s’est jamais mariée et respecte bon nombre de points indispensables de la vieille fille : stricte, irascible, impressionnante, elle est terrifiante – heureusement qu’elle dévoile parfois un côté bien plus humain et attachant, sinon elle ferait vraiment fuir tout le monde !

Retrouvez-la dans : La Huitième fille, T. Pratchett, trad. P. Couton (Babelio)

Jane Austen

Ou la fine mouche qui se joue de la société

Je ne vais pas parler de la véritable Jane Austen ici, même si elle peut effectivement être qualifiée de vieille fille. Non, je préfère vous présenter la série mise en scène par Stephanie Barron, où Jane s’improvise enquêtrice pour aider ses proches. Ces livres sont incroyablement minutieux et bien documentés sur l’époque, tout en restant un régal à lire, avec une héroïne qui porte un regard acéré sur ses contemporains. Il y a quelques touches de romances au fil des volumes – si vous êtes contre l’idée de voir une vieille fille trouver l’amour, contentez-vous des premiers tomes, vous serez ravis.

Retrouvez-la dans : Jane Austen à Scargrave Manor, S. Barron, trad. C. Bourbeillon (Babelio)

Vera Winter

Ou la vieille fille aux nombreux secrets

La mystérieuse écrivaine du roman gothique de Diane Setterfield reprend beaucoup des clichés habituels de la vieille tante sans enfants : vaguement terrifiante par moments, elle n’a pas la langue dans sa poche et a vécu une vie extrêmement bien remplie, qu’elle ne livrera que lorsqu’elle l’aura décidé – et ce qu’elle révélera alors risque de laisser tout le monde pantois… Si tout le roman tourne autour de questions de famille, il nous présente une femme forte, qui a su s’éloigner des formes traditionnelles du foyer pour se recréer un univers à sa mesure et ce malgré les difficultés.

Retrouvez-la dans : Le treizième conte, D. Setterfield, trad. C. & J. Demanuelli (Babelio)

Annie Wilkes

Ou la folle, mais sans les chats

Annie Wilkes n’est certes pas une héroïne, mais c’est une femme qui reste disons… frappante (hu hu hu).

Eh non, les vieilles filles ne sont pas toujours de gentilles petites dames innocentes qui tricotent, l’œil pétillant, au coin du feu ; et pour être honnête, ça fait du bien de changer un peu. Annie Wilkes reprend les traits les plus négatifs de la vieille fille : peu ou pas d’expérience en relations amoureuses, une vision du monde qui serait donc tronquée, des habitudes et un respect des conventions qui la rendent rigides… Et Stephen King nous offre une des conclusions qu’on peut attendre d’un tel cocktail. Glaçant, mais aussi fascinant.

Retrouvez-la dans : Misery, S. King, trad. W. O. Desmond (Babelio)

J’espère vous avoir donné quelques idées de personnages de vieilles filles à découvrir. Il y en a bien d’autres ; lesquelles sont vos préférées ? Venez en discuter dans les commentaires !

Vous pouvez bien sûr aussi découvrir celle de mon roman, La Vieille Fille et le Viking.

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